Renaud Muselier rend visite aux maraîchers

Publié le 09 juillet 2019

Renaud Muselier, accompagné d’élus et de professionnels, est venu mesurer les atouts et les handicaps de la filière du maraîchage sous abri, confirmant au passage que le développement de nouveaux outils est indispensable.

Le président du Conseil régional, Renaud Muselier, est venu rencontrer la profession à Raphèle-lès-Arles, lundi dernier. Une visite qui a permis au président de la Région de réaffirmer sa volonté de soutenir l’investissement dans les outils sous abris et d’annoncer des mesures en faveur des éleveurs.

Conscient que l'agriculture régionale, avec ses productions prédominantes et ses niches, constitue un enjeu stratégique pour les territoires, le président de Région est venu rendre visite aux agriculteurs lundi dernier. Un déplacement pour mieux comprendre les atouts et les handicaps de la filière du maraîchage sous abri et confirmer que le développement de nouveaux outils est indispensable.

Renaud Muselier s’est déplacé à Raphèle-lès-Arles pour rencontrer une famille de serristes, adhérente au groupe Rougeline, et qui investit dans la rénovation de son outil de production depuis plus de dix ans. Les frères Clément se sont engagés dans une démarche globale pour valoriser leur production, mais avant tout pour anticiper et répondre aux exigences environnementales et sociétales de la production agricole de demain. Renaud Muselier a pu mesurer qu’il était possible de conjuguer culture de tomates et haute performance technique et environnementale. “Vous êtes la preuve que la modernisation de l’agriculture n’est pas antagoniste avec la qualité et ne dénigre, en aucun cas, les valeurs et le savoir-faire des agriculteurs”, commentait-il.

Le Plan Serres – mis en place par la Région dans le cadre du Plan Climat – doit, en effet, permettre la construction et la rénovation de ce type de serres en horticulture et maraîchage. “Ces serres sont un réel enjeu d’innovation. Ce sont des outils de production nécessitant des investissements lourds, permettant une réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires et une amélioration des conditions de travail”, assurait Renaud Muselier. Avec leur serre semi fermée, les frères Clément ont franchi un très haut palier dans ce domaine.

Un modèle de production exemplaire

Très rapidement conscients que la sécurisation de leur activité économique serait conditionnée par la maîtrise de leur consommation énergétique, ils sont d’abord passés, deux ans après leur installation, en 2007, du chauffage au gaz au chauffage au bois, en investissant dans une chaudière biomasse, afin de réduire la facture. En 2013, ils ont aussi étendu leurs surfaces de production (sept hectares aujourd’hui) et se sont lancés dans la construction d’une éco-serre, une nouvelle génération d'outil de production sous abri. “La dépendance énergétique est un enjeu fondamental, mais les avantages de l'éco-serre concernent aussi la protection sanitaire optimisée des cultures”, expliquait Vincent Clément. Contrairement à la conception classique, il n'y a plus d'ouverture pour renouveler l'air susceptible de laisser rentrer des nuisibles et insectes porteurs de maladie. Cette approche de la protection des cultures tend donc vers le ‘zéro résidus’. Des résultats d’ailleurs fièrement affichés aujourd’hui chez Rougeline.

Dans l'éco-serre des frères Clément, les moustiquaires sont situées en façade, et l'entrée d'air dynamique est totalement maîtrisée. L'air pulsé par les ventilateurs est acheminé par des gaines le long de chaque rang de tomates. Par rapport au schéma de serre traditionnel, ce concept de serre fermée garantit une gestion et un recyclage des déchets de l'activité, qu'il s'agisse des supports de culture, des excès de draînage et du compostage des déchets verts. Car chez les Clément, comme pour la filière, le renouvellement des outils pour produire davantage et mieux passe par ce concept de serre fermée.

“L’investissement au point mort”

Avec les agriculteurs et les représentants de la profession présents – entre autres André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture, et Patrick Lévêque, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône – Renaud Muselier a évoqué la compétitivité des exploitations, la question des coûts de main-d’œuvre français élevés, et la concurrence déloyale dont la France est victime en matière de traitements phytosanitaires. Mais les producteurs français sont aussi directement impactés par d’autres handicaps : pour investir dans ce type de serre de nouvelle génération, économiquement, socialement et écologiquement durables, sans soutiens publics, ils sont devant un mur. Pour conserver le potentiel de production de la région Paca, les maraîchers attendent donc de pouvoir s’appuyer sur des financements prenant en charge une partie du coût de leurs investissements. Mais la profession constate “le désengagement de l’État sur le dispositif FranceAgriMer. Il n’y a plus d’appels à projet depuis deux ans, et l’investissement en maraîchage et horticulture sous abri est au point mort”. Une situation inacceptable pour Patrick Lévêque. “Nous avons besoin d’investir dans notre agriculture pour répondre aux défis de la société, aux attentes des consommateurs, mais notre capacité d’investissement reste limitée”, ajoutait André Bernard.

Emmanuel Delarue

 


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