Rognonas : la tomate haut-de-gamme, une niche qui a tout bon

Publié le 18 mai 2021

La famille Boyer a positionné 'Les cailloux en Provence' comme une marque commerciale à part entière (@ J. Dukmedjian).

Pour résister sur le marché ultra-concurrentiel de la tomate, ‘Les Cailloux en Provence‘, une exploitation familiale de Rognonas, privilégie la qualité gustative et la diversité, avec une très large gamme de variétés, pour la plupart anciennes. Un positionnement qui fait mouche auprès de consommateurs en recherche d’authenticité.

À l’heure où de nombreux producteurs de tomates hors-sol de la région jettent l’éponge et préfèrent se réorienter vers des productions à plus forte valeur ajoutée, ‘Les cailloux en Provence’ continuent de miser sur ce fruit, qui reste leur “produit phare“, depuis une vingtaine d’années. Sur leur exploitation, implantée à Rognonas, à la limite du Vaucluse, la tomate règne en majesté. Rien de plus normal : c’est elle qui a contribué à la renommée de l’exploitation et de la famille Boyer, dont la 3e génération de maraîchers est déjà à pied d’œuvre dans les serres et les immenses hangars de la station de conditionnement.

L’histoire de la famille ressemble à une vraie ‘success story’, que raconte avec plaisir Thierry Boyer, le fils des fondateurs : “Mes parents ont commencé avec un cheval de trait et deux hectares de cultures de salades, pommes de terre et choux“. L’arrivée de Thierry Boyer et avant lui de son frère, Jean-Michel, va réveiller la petite exploitation familiale, qui prend, au fil des années, son essor pour atteindre sa taille actuelle : elle compte aujourd’hui 15 ha de serres, 80 ha de cultures en pleine terre et une centaine de salariés. Un succès dû à une intuition du cadet : “Un grossiste m’avait fait remarquer que mes tomates étaient très belles, mais qu’elles n’avaient guère de goût“, se souvient Thierry Boyer. C’est toutefois au cours d’un séjour en Corse, une quinzaine d’années en arrière, que le déclic se produit : “Je me suis régalé d’une salade de tomates Cœur de bœuf, chez un ami : elles étaient délicieuses, goûteuses !“. Le maraîcher décide de réaliser des essais pour sélectionner des variétés originales “avec du goût“, des couleurs et formes encore atypiques, à l’époque.

Cette obsession ne l’a pas quitté depuis : une cinquantaine de variétés de tomates sont “testées“ chaque année, dont une vingtaine environ sera mise en culture dans les serres de l’exploitation, en parallèle à celles reconduites quasiment chaque année1. Si les qualités strictement organoleptiques sont un élément central dans le choix des fruits retenus, la forme et la couleur sont aussi importantes, suivant en cela l’adage quon goûte d’abord avec les yeux“. “Nous essayons de réaliser une palette de saveurs et de coloris“, note Thierry Boyer, qui soigne la composition des cagettes expédiées aux quatre coins de la France, et livrées aux Min voisins (Châteaurenard et Cavaillon), tout autant que leur packaging. Chacune d’elles est en effet siglée du logo des ‘Cailloux en Provence’ (un tracteur) imprimé sur une bande de papier rose pétant, positionnée au-dessus du contenu de la cagette.

Des grands chefs séduits

Concernant les méthodes de culture, la famille Boyer privilégie le haut-de-gamme : pas de culture hors-sol, “mais des tomates plantées en pleine terre“. Certifiée Haute valeur environnementale (HVE), l’exploitation privilégie également les apports d’amendements organiques et la lutte biologique intégrée : piégeage, pulvérisation d’essences d’ail, d’ortie ou de prèle, présence de champignons Trichoderma dans les sols pour favoriser la vie microbienne... Des choix stratégiques, qui séduisent les plus grands chefs cuisiniers d’établissements, comme ‘La Dame de Pic’, ‘La Tour d’argent’ ou ‘Le Domaine de Bournissac’... et contribuent à la notoriété des ‘Petits cailloux’.

À l’image des tomates, la famille Boyer applique la même recette pour ses légumes d’été : artichauts calices, courgettes Zéphyr, mini-aubergines ou concombres... “Nous sommes positionnés sur des marchés de niche, afin de nous démarquer de nos concurrents, avec des produits très qualitatifs.“ Un choix qui a séduit des poids lourds de la distribution, comme Grand Frais, ou encore les centrales d’achat des principales enseignes de la GMS (Leclerc, Intermarché...) et, in fine, des consommateurs lassés des tomates bon marché, mais insipides.

Thierry Boyer, qui a pris en main le volet commercialisation – son frère, Jean-Pierre, supervise quant à lui la partie production – a développé en parallèle des spécialités à forte valeur ajoutée : les ‘Bonbecks’, un panier de mini-tomates multicolores à grignoter à l’heure de l’apéro ; des pots de plants de tomates cerises pour les familles ; des bonsaïs de basilic. L’exploitation commercialise également des jus de Cœur de bœuf orange, des coulis et des gaspachos, dont la transformation est assurée par un prestataire. 

Julien Dukmedjian

(1) Cœur de bœuf noire ou orange, Marmande, Ananas, Green Zebra, Noire de Crimée, Rose de Berne, Roman candle, Roman stripped...

 

CONTACT: Les Cailloux en Provence, 1184, Route des Lonnes, 13870 Rognonas

Tél. : 04 90 94 98 34 - www.cailloux-provence.com - lescaillouxenprovence@gmail.com


Le packaging est particulièrement soigné (@ J. Dukmedjian).

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