Safer Paca : une feuille de route plutôt dense

Publié le 09 novembre 2021

À partir des conclusions présentées autour des quatre axes de cette consultation citoyenne, chacun pourra continuer à interagir avec la Safer, par le biais d’un outil de notation numérique lancé sur son site internet (© E. Delarue).

La Safer Paca a, durant l’été, invité les citoyens de la région à s’exprimer sur des enjeux territoriaux. Le bilan de ces concertations servira de socle à l’élaboration de son prochain PPAS, son Programme pluriannuel d’activité des Safer, qui démarre l’an prochain.

À l’issue de cinq mois de concertation citoyenne et de douze ateliers organisés sur l’ensemble des six départements de la région, la Safer Paca présentait, la semaine dernière, les premiers résultats du travail engagé depuis juin 2021, portant sur les questions d’utilisation du foncier disponible dans les territoires de la région. Les contributions citoyennes serviront de socle dans l’élaboration de sa stratégie pour les six années à venir. Cet exercice participatif, mené tout l’été, doit nourrir ses travaux en vue de bâtir son prochain Programme pluriannuel d’activité des Safer (PPAS), qui démarre l’an prochain.

Les choix stratégiques arrêtés dans ce programme sont déterminants pour l’avenir des territoires. Il s’agit non seulement d’assurer le renouvellement des générations d’agriculteurs, mais aussi de développer une agriculture dynamique et à taille humaine, sans oublier de garantir le développement durable des territoires et la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.

Aussi, afin d’imaginer l’usage qui sera fait demain du foncier des espaces ruraux et périurbains, près de 300 contributions ont été collectées auprès des citoyens.

Pari osé, mais bénéfique

En organisant ces concertations, il s’agissait pour l’institution d’aller à la rencontre des citoyens de la région, au-delà de ses partenaires habituels. Dans une vision de prospective, l’objectif était aussi de recueillir des attentes et des besoins pour les territoires à l’horizon 2030 en matière d’agriculture et d’alimentation, d’économie et d’environnement. Dans le même temps, l’intérêt, pour la Safer, était de mesurer si des spécificités locales se dégageaient des territoires, ou si la vision de celui-ci à l’échelle de la région faisait consensus. La finalité de ces travaux était de recueillir des propositions d’actions de la part des citoyens, tant sur le foncier agricole que sur le rôle de la Safer Paca.

À l’occasion de la réunion de restitution digitale, Max Lefevre, directeur de la Safer Paca, indiquait que ce travail participatif constituait une grande première en France. Il faut dire que l’exercice était pour le moins osé. “L’image de la Safer n’est pas forcément excellente. C’est une institution très clivante, qui nourrit un certain nombre de frustrations, de tensions et d’incompréhensions, et nous étions un certain nombre à nous interroger au départ“, confiait le directeur. Mais ces concertations citoyennes ne se sont finalement pas traduites par l’exutoire collectif redouté, au contraire : “La motivation et la qualité des contributions ont été très constructives“, ajoutait Max Lefevre. L’objectif était de voir à quel niveau et comment le citoyen s’est reconnecté à l’agriculture de son territoire. Et la Safer n’a pas été déçue, puisque tous les sujets ont été balayés.

De nombreuses pistes d’actions structurantes formulées à partir des contributions recueillies ont été proposées. Elles s’articulent autour de quatre axes complémentaires. Le premier est de renforcer la capacité d’action et de contrôle de la Safer. Le deuxième enseignement cible le travail sur de nouvelles orientations, lorsque la Safer et les comités techniques procèdent aux arbitrages des candidatures et des appels à projet. L’amélioration de la gouvernance, de la transparence du fonctionnement et de la communication de la Safer a aussi été mise en évidence. Enfin, l’amélioration du lien entre la Safer et les autres acteurs du territoire, pour favoriser les usages agricoles, sera un autre chantier qui attend l’institution.

Reconnexion des citoyens

Mais pour les contributeurs citoyens, le travail n’est pas fini. À partir des conclusions présentées autour de ces quatre axes et de ses déclinaisons, chacun pourra, une nouvelle fois, interagir avec la Safer. Par le biais d’un outil de notation numérique lancé sur son site internet, il s’agira cette fois de qualifier l’importance à attribuer aux différentes actions proposées. Pour la Safer, le bilan de la démarche n’est donc pas encore tout à fait tracé. Il sera produit et publié courant novembre sur son site internet.

L’institution s’est ensuite engagée à présenter son nouveau PPAS l’été prochain. Mais, pour son président, les concertations menées sur le territoire sont déjà un succès. “Depuis deux ans, nous sentons bien qu’il y a une reconnexion des citoyens avec l’agriculture locale ou de proximité. Nous le sentons déjà dans le profil des candidatures. Cela va nous obliger à raisonner différemment, et l’élaboration de notre PPAS est le bon moment pour engager le débat sur ces questions“, concluait Patrice Brun. Bien sûr, le bilan de toutes ces consultations doit être aussi partagé avec les administrateurs et les comités techniques de la Safer Paca. 

Emmanuel Delarue


Pour la Safer, le bilan de la démarche n’est pas encore tout à fait tracé. Il sera produit et publié courant novembre sur son site internet (© G. Lantes).

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