Safer : pas de ralentissement en 2021

Publié le 25 juillet 2022

Jean-Pierre Grosso, président du comité technique, Christophe Campanelli, directeur de la Safer Paca délégation des Bouches-du-Rhône, et Patrice Brun, président de la Safer Paca, lors du Salon des agricultures de Provence, en juin dernier.

Dans les Bouches-du-Rhône, l’opérateur foncier – qui participe au maintien et au développement de l’agriculture – a bouclé une année des plus dynamiques. Tous les indicateurs du premier semestre 2022 vont dans le même sens.

“Dans le département, nous avons réalisé 333 dossiers de ventes signés, contre 309 dossiers en 2020. Nous sommes vraiment sur une tendance haute, à l’instar du marché foncier général”, rapporte Christophe Campanelli, directeur départemental 13 à la Safer Paca.

Dans un contexte de marché du foncier agricole toujours aussi dynamique dans le département et dans la continuité de 2020, la délégation des Bouches-du-Rhône de la Safer Paca a contribué, en 2021, à l’installation, l’agrandissement, la reprise de parcelles et, par de nombreuses autres interventions, au maintien et au développement de l’agriculture.

Les acquisitions et les rétrocessions réalisées sont le reflet de son activité opérationnelle, mesurée selon différents indicateurs (nombre d’opérations, surfaces concernées et leur valeur). Et au regard de ces trois indicateurs, la structure a été très active.

Toutefois, le foncier agricole est resté très convoité, en témoigne la courbe des candidatures traitées qui ne faiblit pas non plus, bien au contraire. Un nouveau dispositif – en ligne depuis cette année et permettant à un public plus large de faire acte de candidature sur les dossiers faisant l’objet de publicité – a certainement contribué à les faire augmenter.

Toujours plus de candidatures

En 2020, 922 candidatures avaient été traitées, contre 918 en 2021. Et la tendance ne semble pas prête à s’infléchir, en témoigne le nombre de candidatures déjà traitées du 1er au 31 juin 2022, à savoir 712. “On ressent aujourd’hui un engouement pour l’agriculture. Parmi les demandes traitées, on observe de très beaux projets d’installation. Il y a aussi, malgré la conjoncture et la période difficile, une demande toujours forte d’exploitants qui souhaitent développer leur activité et s’agrandir”, commente Christophe Campanelli.

Dans son rôle de régulateur du marché foncier agricole, la Safer a une action toujours aussi forte dans le cadre des préemptions dans le département. C’est déjà le cas à l’échelle du territoire régional, mais de façon encore plus exacerbée dans les Bouches-du-Rhône, où les acquisitions par préemption en révision de prix sont les plus nombreuses. En effet, 203 dossiers de préemption en révision de prix ont été réalisés sur l’année 2021, contre 156 dossiers en 2020. La tendance est aussi observée dans les départements voisins. Celui du Var par exemple, mais pas seulement.

Sur les surfaces traitées, on note que les 333 dossiers signés sur l’année mobilisent 1 652 hectares, contre 309 dossiers signés en 2020 mobilisant 1 529 ha.

Si la tendance reste à une augmentation du nombre des opérations, les surfaces sont cependant à relativiser, en raison de dossiers plus importants qui peuvent mobiliser de plus importantes surfaces sur une année. La Safer quantifie donc le nombre de dossiers réalisés par tranche de valeur. Sur ce paramètre, on s’aperçoit souvent que le nombre de dossiers inférieurs à 75 000 € représentent souvent autour de 50 % de son activité. “Mais la Safer intervient dès le premier mètre carré, et cela nous arrive aussi de transmettre des propriétés bien structurées de 100, 200 ou 300 hectares”, précise le directeur de la Safer Paca pour le département 13.

Sur la valeur des opérations réalisées, au regard de l’action de régulation que la Safer s’efforce de mener, les prix observés sont plutôt sur une stabilité, contrairement à d’autres départements, comme le Var et en viticulture en particulier.

Un stock de foncier en augmentation

Concernant les rétrocessions, la Safer achète et revend aussitôt, sauf dans le cadre d’un stockage particulier. Elle s’efforce d’être en conformité avec le schéma directeur régional des structures agricoles, avec une priorité à l’installation. Il arrive aussi que le comité technique opte plutôt pour une consolidation. Mais la Safer contribue tant à l’installation des jeunes qu’à la consolidation d’exploitations de taille modeste. Dans certains cas, le stockage de foncier est aussi privilégié, en particulier lorsqu’un travail de restructuration peut s’envisager. Mais cela nécessite une capacité financière importante, et les fonds propres de la Safer restent limités. Pourtant, ces dernières années, le stock de foncier augmente largement dans les Bouches-du-Rhône, notamment en raison de la politique offensive de la Safer. Dans le département, il atteint aujourd’hui une valeur estimée à neuf millions d’euros. Les transits de foncier viennent en partie l’expliquer. Mais “c’est aussi stratégique. Par exemple, sur certains secteurs, nous avons décidé de stocker pour réaliser une animation foncière, des échanges, des restructurations, etc. C’est notamment le cas sur Orgon, où nous avons 30 hectares de foncier en stock, pour répondre à une politique spécifique de la commune”, indique Christophe Campanelli.

La Safer continue aussi de travailler avec les collectivités qui s’impliquent pour soutenir et développer une activité agricole de proximité, sur des projets avec acquisitions de terres agricoles. C’est par exemple le cas dans le cadre du Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN) de Velaux : ce dernier fait l’objet d’une convention avec la Métropole, le Département et la commune. La Safer y conduit une animation foncière et stocke un peu de foncier, pour des projets d’installation souhaités par la commune. Dans cette logique, neuf hectares ont été stockés pour, d’une part, installer un viticulteur et d’autre part, créer un îlot maraîcher et répondre à l’objectif de la commune. D’autres acquisitions sont en cours.

Pour les mois prochains, malgré la crise économique qui se dessine, les investissements vers le foncier agricole ne devraient pas faiblir. L’activité opérationnelle de la Safer est, dans tous les cas, toujours aussi forte sur 2022. En effet, les sollicitations pour étudier et travailler sur des transactions foncières ont été très importantes sur les six premiers mois de l’année. “Sur le nombre de candidatures, nous sommes sur la même tendance que 2021 en matière d’activité pure, avec de plus en plus de dossiers à traiter. L’année 2022 devrait être une très bonne année, aussi bien en nombre d’opérations que sur l’aboutissement de dossiers importants, et tant en surface qu’en valeur”, conclut le directeur. 

 


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