Saint-Andiol : de nouvelles orientations très concluantes

Publié le 12 mai 2021

Arrivés il y a trois semaines chez Vincent et Olivier, les cochons âgés de trois mois sont entre de bonnes mains. Ils resteront à la ferme jusqu’à ce qu’ils atteignent entre 120 et 130 kg (@ E. Delarue).

L’EARL Trebor, à Saint-Andiol, élève ses cochons sur paille, au soleil, et les nourrit aux grains de la ferme. Forte de quatre générations, l’exploitation agricole de la famille Robert, aujourd’hui certifiée Haute valeur environnementale, s’est lancée avec succès dans la vente directe.

La porcherie familiale de l’EARL Trebor, à Saint-Andiol, n’a pas toujours fait de la vente directe. C’est même une toute nouvelle activité pour Vincent Robert et son fils, Olivier. Créée en 1970 par le grand-père de Vincent sur Saint-Andiol, l’exploitation a surtout été spécialisée dans la sélection durant de nombreuses années.

Il faut dire que l’élevage de porcs dans les Bouches-du-Rhône remonte à plusieurs siècles. À Marseille et dans le département, les élevages porcins se sont notamment multipliés jusque dans les années 70. À cette époque, les reproducteurs ne suffisaient pas à fournir les élevages de la région, comme l’explique Vincent. “Mon grand-père a commencé avec de l’engraissement, et puis mon père s’est lancé dans le croisement des Large White et Landrace, qui constituaient la base générale de tous les reproducteurs.“ La reproduction et la vente de cochons au plan local, mais aussi national, ont perduré jusque dans les années 90 pour la famille Robert.

Changement de cap

Mais le développement et l’industrialisation du marché de la viande ont ensuite profondément modifié la filière. Les nombreux abattoirs de la région ont commencé à fermer un à un et, pour les éleveurs, les marges se sont peu à peu restreintes. Avec des débouchés moins nombreux, Vincent et son père – qui produisaient plusieurs milliers de cochons – réduisent alors progressivement leur volume d’activité.

Puis, dans les années 2000, la mise aux normes des bâtiments a encore complexifié le métier. La famille d’éleveurs prend alors la décision d’arrêter la reproduction, et d’acheter des porcelets pour les engraisser. “Faire naître des animaux est un métier à part entière, et beaucoup plus technique. De plus, la transformation de nos maternités et des bâtiments dédiés à la gestation coûtaient plus cher que de transformer ces bâtiments pour l’engraissement“, ajoute l’éleveur.

Ce dernier a aussi commencé à se consacrer davantage à la production de céréales, en étendant les surfaces consacrées aux cultures de blé, de maïs et des petits pois, avec l’objectif d’être autonome sur l’alimentation animale. “Tout est transformé en farine sur place, pour être ensuite stocké et distribué dans les loges“, explique Olivier, 25 ans.

Les animaux ont ici tout ce dont ils ont besoin. Ils arrivent à la ferme âgés de deux mois, et sont engraissés sur paille, dans des courettes, durant huit mois. Avec cet élevage plein air, ils grossissent doucement. “C’est un inconvénient, certes, sur la durée d’engraissement en matière de charges. Mais c’est un avantage sur la qualité de la viande“, souligne le jeune éleveur.

Six à huit cochons par mois

S’il ne prévoyait pas au départ suivre la voie familiale, Olivier a emboîté le pas de son père il y a quelques années. Et c’est lui qui, l’année dernière, incite son père à valoriser davantage le travail et la qualité produite à la ferme. Jusqu’alors, l’élevage vendait ses animaux engraissés uniquement sur pieds, à des petits éleveurs et aux abattoirs. “Cela fait un an tout juste que l’on a commencé à vendre nos colis de viande, et cela a fonctionné plutôt bien. Nous avons débuté en vendant l’équivalent de deux cochons par mois et, maintenant, la vente directe nous permet d’en vendre entre six et huit. La plupart de nos clients redécouvrent la viande de cochon, et c’est très satisfaisant“, rapporte Olivier. Tout fonctionne sur réservation, explique le jeune éleveur, dont le carnet de commandes ne désemplit pas. Et ce sont les réseaux sociaux qui ont véritablement lancé l’activité. La page Facebook compte aujourd’hui 1 000 abonnés ! “Vendre en direct demande de l’implication, mais c’est porteur en matière d’image et de marges. Et c’est aussi l’avenir de la filière“, estime Olivier. L’année dernière, les éleveurs ont d’ailleurs fourni leur viande pour le très disputé championnat de France de barbecue, qui s’est déroulé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, où les meilleures viandes de la région étaient travaillées sur braise.

Bien sûr, parallèlement à la nouvelle orientation qu’ils souhaitent donner à leur exploitation, Vincent et Olivier Robert continuent de vendre des cochons vivants à une clientèle locale. Mais s’ils ne pouvaient faire que de la vente directe, cela ne leur déplairait pas ! 

Emmanuel Delarue

 

CONTACT : EARL Trebor : 643 route de Saint-Sauveur, 13670 Saint-Andiol

06 46 59 41 16 - mevm@orange.fr


La vente directe à la ferme est l’orientation que souhaite donner Olivier à l’exploitation familiale (@ E. Delarue).

Autres productionsElevage