Session Chambre régionale d’agriculture : des plans pour créer des électrochocs économiques

Publié le 15 décembre 2020

Dans le cadre du Plan de relance européen, un abondement supplémentaire du Feader pour la période transitoire 2021-2022 a été acté et sera réparti entre les régions. L’enveloppe de la Région Sud va ainsi augmenter de 38 % (photo : DR).

Dans la droite lignée des sessions départementales organisées en décembre, la dernière session de l’année pour la Chambre régionale d’agriculture, présidée par André Bernard, se tenait en visioconférence. Après la partie statutaire et le vote du budget, de nombreuses questions d’actualités ont été tour à tour approfondies, en présence notamment du Draaf Paca, Patrice de Laurens, et de Bénédicte Martin, venue annoncer de bonnes nouvelles, notamment pour la modernisation des réseaux hydrauliques en région.

Pour ouvrir les débats, André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture, a lancé la partie questions d’actualité en revenant sur la motion relative au respect des droits des travailleurs(euses) agricoles détachés(ées), proposée par la Confédération paysanne et détaillée par Olivier Bel, qui fait notamment suite au procès Laboral Terra. Après discussion, le président de la Chambre a proposé que cette motion soit présentée à nouveau par la Chambre régionale et élargie dans son contenu.

Puis, André Bernard a rappelé le travail fait depuis la mi-mars et le confinement : « Il a fallu trouver nombre de solutions avec les services de l’État et la Région Sud, décoincer des marchés, certains points de circulation, soutenir des filières en grandes difficultés, comme l’horticulture, la viticulture, la viande et, plus récemment, la filière gibier ». Si l’appel d’air estival a fait du bien à beaucoup de monde, le reconfinement montre que ce sont toujours les mêmes filières qui souffrent pour cette 2e vague, et que de nouvelles difficultés se font jour, à l’image « du secteur de la montagne, très inquiet, avec la non-ouverture des stations de ski annoncée pour la fin d’année », complète le président.

Revenant sur l’arrivée de Julien Denormandie au ministère de l’Agriculture, André Bernard a salué « l’énergie » du ministre – « qui prend les dossiers à bras-le-corps » – et l’avancée de certains dossiers stratégiques, comme celui de la PAC et du Plan de relance. « En parallèle, le Plan stratégique agricole et les contrats d’objectifs ont aussi avancé, mais pas à la vitesse voulue. » Au plan régional, André Bernard est revenu sur la tenue en digital du salon Med’Agri, pour lequel il a remercié une nouvelle fois tous les partenaires « qui ont su répondre à un défi immense en l’espace de quelques semaines, pour proposer une solution alternative ».

Mais, car il y a toujours un mais… Au chapitre des mauvaises nouvelles, l’installation en région peine à trouver un nouveau souffle, « et cela en devient même inquiétant dans certains départements ». De plus, les problèmes sanitaires et de prédation n’ont pas disparu avec le Covid. « Ces problématiques font évidemment partie des sujets que nous allons prendre à bras-le-corps l’an prochain, tout comme le Plan de relance, la PAC ou le plan stratégique. Nous devons être à l’écoute de nos mandants, de nos partenaires économiques et des collectivités, pour travailler tous ensemble à construire des solutions. Il nous faut aussi mobiliser de nouveaux moyens, à orchestrer via le Plan stratégique, et le réseau des Chambres doit être à la baguette. »

Trois nouvelles qui font du bien

Le travail mené en étroite relation entre la Région Sud et les services de l’État a payé ! Trois bonnes nouvelles ont en effet été annoncées par les deux institutions lors de la session.

Tout d’abord, Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture’ à la Région Sud, a rappelé que « le Conseil régional avait ajouté une dotation supplémentaire d’un million d’euros dans le budget voté début octobre, prélevés sur les fonds propres, et exclusivement réservé à la modernisation des réseaux hydrauliques, sous forme d’appels à projet Feader : cela porte donc la ligne à 2,4 millions d’euros à partir de l’an prochain ». Cette dotation aura un effet levier, puisqu’elle permettra d’aller capter de nouveaux crédits de l’Agence de l’eau. Cela porte donc à 6 M€ les aides réservées à l’hydrauliques en région : 2,4 M€ donc pour les ASA et 3,6 M€ pour la Société du canal de Provence (dont 1,2 M€ dédié au périmètre vauclusien). « Sur le sujet, nous devons faire évoluer les ASA et aller vers la création d’un pôle de compétences hydraulique qui permettra d’aller chercher des financements Feader », notait au passage André Bernard. « Nous allons travailler en contractualisation avec la CRA Paca », complétait Bénédicte Paca.

Seconde information notable : dans le cadre du Plan de relance européen, un abondement supplémentaire du Feader pour la période transitoire 2021-2022 a été acté et sera réparti entre les régions. A priori, cela devrait se traduire par une augmentation de 38% de l’enveloppe de la Région Sud pour les actions qu’elle pilote, à savoir les aides non-surfaciques et les Mesures agro-environnementales (MAE). « Cette enveloppe ne sera pas impactée par la prédation, l’assurance récolte ou l’Indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), qui restent gérés par l’État », précisait Bénédicte Martin,

Enfin, et c’est la bonne surprise de la réunion, la cohérence des messages portés ensemble par la Draaf Paca, la Région Sud et les partenaires a payé ! Dans le cadre du Plan de relance national de l’État pour l’agriculture, et qui vise en particulier l’adaptation au changement climatique, un invité oublié pourrait faire son grand retour : l’irrigation agricole. « Nous avons rencontré le Draaf le 30 octobre avec Éliane Bareille pour insister sur ce point. Il a fait remonter notre position auprès du ministre. Et nous avons réitéré notre demande le 13 novembre », détaille l’élue régionale. Ce travail étroit entre les services de l’État et de la Région a d’ailleurs été salué par Patrice De Laurens, le Draaf Paca. « Cela permet de gagner en cohérence et d’aller chercher des soutiens supplémentaires de l’État, qui seront annoncés d’ici quelques jours », annonçait-il.

Puis, Patrice De Laurens a détaillé le Plan de relance national, en insistant sur quelques mesures d’intérêt pour l’agriculture provençale : la transition vers l’agro-écologie, le plan stratégique protéines végétales, la filière animale et l’agro-équipement. En région, la Draaf va organiser quatre webinaires pour entrer dans les détails et « que les porteurs de projets puissent présenter leurs dossiers dès l’ouverture du guichet, afin d’aller vite et de créer cet électrochoc économique attendu par le gouvernement » a conclu Patrice de Laurens. Ces appels à projets seront mis en ligne au fur et à mesure sur le site de la Draaf Paca.

Céline Zambujo


OPA - Serv. publicsChambre d'agriculture