Société du canal de Provence : la stratégie ‘Eau’Rizon 2027’ dévoilée

Publié le 16 mai 2022

Jean-Luc Ivaldi, directeur général, et Fabienne Joly, présidente de la Société du canal de Provence, ont dévoilé la nouvelle feuille de route de la concession régionale, pour répondre aux effets du changement climatique (C. Zambujo).

La Société du canal de Provence a présenté sa nouvelle feuille de route, intitulée ‘Eau’Rizon 2027’. Ce nouveau projet d’entreprise vise à “accélérer notre réponse au changement climatique”, avec l’ambition d’être “une entreprise responsable reconnue au niveau des enjeux de l’eau et des énergies renouvelables“, explique sa présidente, Fabienne Joly.

Le projet d'entreprise 'Eau'Rizon 2027' – présenté le 28 avril dernier par le tandem Fabienne Joly et Jean-Luc Ivaldi, respectivement présidente et directeur général de la Société du canal de Provence (SCP) – vient poser les bases de l'action de la structure hydraulique pour les cinq prochaines années. Cette nouvelle feuille de route, établie "en concertation avec les salariés", précise Fabienne Joly, vient conforter la stratégie en cours de déploiement et qui vise à "innover pour anticiper le changement climatique, et proposer des solutions pour s'y adapter". Lancée par son prédécesseur, et actée sous la mandature de Fabienne Joly, cette stratégie se décline au travers de quatre axes stratégiques, interdépendants, et portés par un programme d'aménagement et d'investissement de 250 millions d'euros d'ici à 2027, et d'un programme de rénovation de 150 M€ sur la même période.

RSE, besoin en eau…

"Le premier axe identifié est celui de la Responsabilité sociétale d'entreprise", explique Jean-Luc Ivaldi, l'entreprise souhaitant "accélérer sa réponse au changement climatique," complète sa présidente. Dans le détail, la SCP va poursuivre les actions déjà entamées en interne pour "minimiser l'impact environnemental des aménagements avec les méthodes d'Analyse du cycle de vie (ACV)", précise Catherine Leroy, directrice 'Juridique, audit, qualité' de la SCP. Cet axe passera également par une orientation de l'offre et des services de la société vers des outils d'adaptation au changement climatique, par la réutilisation des eaux traitées ou encore par la limitation de l'empreinte carbone, via une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES). "En 2020, nous avons réalisé une étude destinée à identifier nos principaux postes émetteurs de GES et, sans surprise, les deux premiers sont nos ouvrages, notamment les stations de pompage, et les déplacements." La société s'est donc fixée des objectifs pour 2027, en ayant en tête l'Accord de Paris et les objectifs français à 2050, et s'appuie pour cela sur "une nouvelle équipe ACV qui vient d'être créée dans l'entreprise, ce qui est assez peu fréquent", précise Catherine Leroy.

Le deuxième axe concerne la performance de la concession sur sa mission primaire, à savoir répondre aux besoins en eau. "On va pour cela renforcer nos trois piliers que sont la sécurisation, la compensation et la préservation de la ressource en eau", détaille le directeur. Concrètement, la SCP va doubler son effort d'investissement entre 2022 et 2027, portant à 250 millions d'euros son investissement (sur un chiffre d'affaires de 115 M€ en 2022), et en renforçant également l'enveloppe du programme de rénovation (150 M€, soit 30 M€/an). "L'objectif est bien de sécuriser durablement l'alimentation et l'accès à l'eau sur notre territoire, mais aussi de compenser les effets du changement climatique en apportant un juste complément d'eau au végétal et aux consommateurs, en préservant durablement la ressource", résume Jean-Luc Ivaldi.

... 66 000 postes de livraison connectés

Le 3e axe est celui de l'innovation, allant de l'innovation 'produits' à l'innovation 'services', mais aussi en poursuivant et accélérant son déploiement dans le grand quart Sud-Est de la France et à l'international. "Nous souhaitons mener de front à la fois l'innovation de conceptions innovantes pour nos clients industriels, agriculteurs, collectivités et particuliers, tout en allant au-delà de notre territoire naturel, en s'implantant notamment dans le département des Alpes-Maritimes, mais en remontant également le long de la Vallée du Rhône, en proposant notamment notre savoir-faire en ingénierie", détaille le directeur général.

Face au changement climatique et aux nouveaux besoins hydriques émergeant en agriculture, la SCP va poursuivre son effort de déploiement de compteurs connectés, avec de nouveaux services pour générer "des suivis plus rigoureux et mieux dimensionner les réseaux", allouant un budget de 12 M€ pour changer l'ensemble des prises d'irrigation, soit 66 000 postes de livraison, sur dix ans. La SCP va également poursuivre sa participation dans des projets de recherche, à l'image du projet de recherche 'Hydroclean' pour déterminer l'impact du changement climatique sur les pluies disponibles et la ressource en eau. Ces deux facteurs sont "vitaux quand on veut dimensionner un réseau agricole et permettre de proposer de nouveaux services", explique Franck Sanfilippo, directeur du service de l'eau à la SCP. Pour ce faire, le concessionnaire régional va prioriser les actions en fonction des besoins du territoire et des différentes thématiques (agricole, industrielle, eau potable...), en lien avec les EPCI qui détiennent cette compétence. Cela se fera au travers d'un plan d'investissement conçu en commun, afin d'avoir "une forte acceptabilité des acteurs du territoire". Enfin, la digitalisation des services accompagnera le développement de nouvelles technologies, "sans pour autant que nous perdions notre ADN qui est notre proximité avec nos clients, et notamment les agriculteurs". 

Céline Zambujo


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