Station d’expérimentation : La Pugère, une vitrine de l’innovation

Publié le 21 mars 2022

Dans les vergers de La Pugère, Marianne Di Costanzo et sa fille, Émilie ( E. Delarue).

L’innovation dans la conduite du verger et la gestion des aléas climatiques sont au cœur des projets de la station d’expérimentation de Mallemort. La structure est plus déterminée que jamais à produire des références pour les arboriculteurs.

La qualité des travaux menés à La Pugère a toujours été reconnue par la filière de l’arboriculture fruitière. Et “la station doit rester au cœur de l’évolution de l’expérimentation régionale pour répondre à ses enjeux majeurs, sur l’innovation variétale, l’amélioration de la conduite du verger et la protection des cultures“, assure sa présidente, Marianne Di Costanzo. Dans cet objectif, la station de Mallemort peut compter sur des soutiens de taille. “Le Conseil régional et le Conseil départemental sont des partenaires précieux et réactifs, notamment sur des questions liées aux problématiques des aléas climatiques. C’est un de nos axes de travail d’aujourd’hui et de demain. Cette année avec le gel, beaucoup ont pris la mesure de l’impact des aléas et des changements climatiques sur nos vergers. Le Département souhaite nous accompagner pour créer de nouvelles références sur la protection des vergers, afin d’apporter de vraies solutions à la profession agricole“, commente l’arboricultrice.

Des soutiens et des partenariats indispensables

Le soutien de la Chambre d’agriculture est tout aussi indispensable au bon fonctionnement de la station. “Notamment par la mise à disposition du directeur de la station – en la personne de Sébastien Attias – qui occupe cette fonction depuis septembre 2021. Nous avons aussi la chance de compter sur la Chambre d’agriculture qui a conscience de l’importance de cet outil pour la filière arboricole départementale et régionale“, souligne la présidente de La Pugère.

L’adaptation des vergers nécessite de nouvelles références, de nouvelles méthodes, et les partenariats avec des structures de développement régionales, les instituts et la recherche restent plus que jamais au cœur de son activité. “La Pugère est vraiment un outil indispensable, car elle est aussi une source indirecte de références. Nous avons en effet la chance de recevoir et de collaborer avec tous les groupements de techniciens de la région, qui transfèrent à leur tour les informations à leurs groupes de producteurs“, indique la présidente.

La structure de Mallemort s’efforce aussi, dans le même temps, de développer des prestations privées. “Nous travaillons déjà avec des groupements de pépiniéristes ou de producteurs, qui souhaitent tester leurs propres variétés, ou des firmes, qui cherchent à éprouver l’efficacité de leurs solutions phytosanitaires, leurs biofertilisants, leurs engrais, etc., qui servent à l’ensemble de la filière.“ La station reste également ouverte à d’autres nouvelles formes de partenariats, toujours avec l’objectif de tester et de démontrer la pertinence de ces nouveaux outils sur le terrain.

Innover, montrer, communiquer

Afin de transmettre aux producteurs les solutions pour assurer la compétitivité de leurs exploitations, la station va continuer de s’engager dans des projets de tout premier plan“, confirme la présidente. À ce titre, La Pugère a lancé un programme de rénovation de son matériel et de ses équipements, avec l’aide du Département notamment. “Nous souhaitons aller vers davantage d’innovations, parce que nous avons à cœur de montrer aux producteurs tous les leviers dédiés au verger de demain, qu’il s’agisse de robotique, des nouveaux dispositifs agrivoltaïques, de ceux dédiés à la conduite, au travail du sol, etc. De la plantation à la protection des vergers sur le plan sanitaire ou climatique, en passant par les variétés, les porte-greffes, les modes de cultures, nous voulons développer une vraie vitrine pour les professionnels. Notre ambition est de leur donner les outils pour qu’ils puissent concevoir leur verger et faire des choix adaptables à leurs exploitations“, argumente Marianne Di Costanzo.

Dans les grandes lignes de ses programmes d’essais, la station reste toujours une référence sur les espèces pomme et poire. Ses essais qui visent l’intégration de nouvelles variétés, les itinéraires techniques et la protection des vergers se poursuivent et s’étoffent, mais la station conserve aussi dans ses programmes une certaine flexibilité sur ses thématiques de travail. Car “on ne sait pas, demain, quel nouveau ravageur ou quelle nouvelle maladie demanderont que l’on s’y intéresse de près. Il faut donc savoir s’adapter“, souligne Marianne Di Costanzo.

En matière de diversification, la station n’est pas en reste. Il y a les essais sur l’amandier conduits depuis quelques années sur une parcelle proche de la station. Et, récemment, une nouvelle espèce a fait son apparition dans ses travaux. Un verger de pistaches a été implanté sur une parcelle, dans le cadre d’un partenariat avec la commune de Mallemort (voir encadré). Il produira dans quelques années des références sur les variétés et les itinéraires techniques.

Enfin, au-delà de la technique pure, la présidente souhaite mettre aussi l’accent sur la communication. La station réfléchit ainsi à la manière de s’ouvrir davantage à la profession “parce qu’un maximum d’informations doit revenir aux arboriculteurs, et cela doit aussi passer par l’organisation de rencontres thématiques d’échanges qui permettraient également d’orienter le travail des chargés de missions“, conclut Marianne Di Costanzo. 

Emmanuel Delarue


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