Stéphane Honorat :

Publié le 04 février 2020

Stéphane Honorat dans ses vignes sur la commune d’Éguilles, dans les Bouches-du-Rhône.

Très engagé dans la vie viticole de son département et attaché aux valeurs de la coopération, Stéphane Honorat, jeune vigneron d’Éguilles, prend la présidence de la Coopération agricole Sud.

Dans le monde agricole, le syndicat des Jeunes agriculteurs est souvent considéré comme une excellente école d’apprentissage, incontournable pour celui qui aspire à des responsabilités plus importantes au sein des instances agricoles. Pour Stéphane Honorat - qui a assuré la présidence des Jeunes agriculteurs au niveau régional, et la vice-présidence du mouvement au niveau national -, son engagement au sein du mouvement s’est révélé fondateur. ”J’ai eu la chance de défendre la profession et d’acquérir de l’expérience, à la fois sur mon département, mais aussi à l’échelon régional et national. Ce qui a été formateur, m’a permis de développer une certaine autonomie de réflexion sur l’agriculture, et d’avoir aujourd’hui la hauteur nécessaire pour en mesurer tous les enjeux”, estime le jeune vigneron. Un parcours qui lui permet désormais de se lancer dans de nouvelles responsabilités      .

Les pieds sur terre et dans la terre !

Mais, à tout juste 38 ans, Stéphane Honorat est avant tout un vigneron coopérateur, qui exploite une trentaine d’hectares de vignes sur les communes d’Éguilles et de Ventabren, dans les Bouches-du-Rhône. Il est aussi co-gérant d’une exploitation en bio de huit hectares.

Sa cave, le Cellier d’Équilles - dont il est le vice-président -, produit 14 500 hectolitres de vins par an, dont 11 000 hl en AOC et le reste en IGP.

Dans ses vignes, il est ”le seul tractoriste”, et compte bien le rester. ”Cela demande, il est certain, beaucoup d’organisation et de temps. Mais j’ai toujours aimé mener de pair ces deux facettes du métier. L’exploitation reste assurément mon activité première. Mais, dans notre profession, s’impliquer dans des responsabilités professionnelles, c’est aussi une manière de la défendre au sens large, de la développer en prenant de la hauteur sur le métier, et de ne plus uniquement subir les impacts des décisions prises par les instances”. Le vigneron est bien décidé à garder les pieds sur terre, ”et surtout dans la terre”, rectifie-t-il.

S’il souhaite continuer de défendre sa filière viticole - il est d’ailleurs vice-président de la Fédération des vignerons coopérateurs des Bouches-du-Rhône -, il est aussi conscient qu’il sera indispensable de ”croiser filières et territoires”. Il est néanmoins très heureux de retrouver ”cette dimension généraliste de l’agriculture régionale”, qu’il a pu connaître chez les Jeunes agriculteurs.

Accompagner, défendre et développer

Pour le vigneron, la coopération agricole raisonne comme ”une idée moderne”, même si le mouvement est centenaire. ”Les coopératives sont toujours présentes, évoluent et vont toujours de l’avant. Le besoin de coopératives est, par ailleurs, de plus en plus grand, dans un contexte où le libéralisme est de plus en plus présent. L’encadrement des marchés y est, à l’inverse, de plus en plus absent. Face à une réglementation qui assure de moins en moins de règles, les producteurs, les transformateurs et les metteurs en marchés ont aussi plus que jamais besoin de peser économiquement”, souligne le nouveau président de la Coopération Agricole Sud. Il voit aussi, dans ”le côté intergénérationnel que l’on retrouve au sein des coopératives, une force sur laquelle s’appuyer pour relever de nouveaux défis”. 

Aussi, les ambitions du nouveau président sont de ”travailler au quotidien dans l’accompagnement, la défense et le développement de toutes les coopératives, qu’elles quelles soient, grandes ou petites, dans les transitions de leur secteur”. C’est avec ce triptyque en tête qu’il entend mener sa feuille de route, ”en avançant collectivement sur des sujets qui rassemblent et incarnent la puissance du modèle coopératif”. 

Le nouveau président remercie au passage Joël Reynaud, celui qui, dans ses nouvelles missions, lui passe le flambeau, après avoir accompagné la fédération tout au long de ces dernières années.

L’intégration de la coopération viticole

Mais désormais, pour lui, ”unifier les filières et les territoires, tout en conservant leurs spécificités, et valoriser chaque potentiel de production” s’annonce comme un challenge de taille, au vu de certains chantiers qui s’engagent. À commencer par l’intégration de la coopération viticole au sein de la Coopérative agricole Sud.

Les premiers pas ont été faits par les deux fédérations des coopérateurs départementales du Var et des Bouches-du-Rhône et un comité de pilotage, qui travaillent activement à un rapprochement avec la fédération du Vaucluse, qui n’est pas partie prenante. Il s’agit d’un chantier qui demande beaucoup de réflexions, parce qu’au-delà de la volonté de se rapprocher, se posent de nombreuses questions d’organisations en interne, de ressources humaines, de représentativité, etc. Il faut, en quelque sorte, établir de nouvelles règles de fonctionnement pour tout le monde, en instaurant une structure qui porte la coopération régionale”, commente le nouveau président de la Coopération agricole Sud.

Stéphane Honorat entend mener cette mission comme d’autres, ”avec un esprit d’ouverture, et la volonté de rassembler, tant sur les fédérations des caves coopératives, que sur l’ensemble des filières”.

La feuille de route du nouveau président s’annonce donc bien remplie, et les défis aux plans économique, environnemental ou sociétal qui attendent la coopération agricole, multiples.

Le monde agricole subit aujourd’hui de fortes pressions et, comme dans les bons moments, c’est l’union qui, dans ces temps difficiles, doit faire notre force. Au plan sociétal par exemple, les coopératives - comme d’autres structures représentatives du monde agricole - ont un grand rôle à jouer. Il leur appartient de transmettre les bons messages sur les territoires, un domaine où la coopération a sa carte à jouer, et doit être présente”, observe Stéphane Honorat.

Mais il y a bien d’autres enjeux où la coopération agricole peut, et doit, porter la voix de l’agriculture régionale. ”L’économique doit bien sûr rester au centre de nos préoccupations, et nous allons avoir l’opportunité de travailler très rapidement sur la Pac. Là encore, c’est notre fédération et notre regroupement qui doivent nous permettre d’être plus forts pour défendre nos propositions”, conclut Stéphane Honorat. n

Emmanuel Delarue

Un nouveau bureau

Le conseil d’administration de Coop de France Alpes-Méditerranée, qui devient Coopération agricole Sud, s’est réuni le mardi 14 janvier et a élu son nouveau bureau, avec à sa tête Stéphane Honorat. Le nouveau bureau se compose de neuf élus :

Président : Stéphane Honorat. Vice-président : Bernard Illy. Vice-président : Laurent Rougon. Vice-président : Pierre Volle. Secrétaire général : Fabien Doudon. Secrétaire général adjoint : Thierry Icard. Secrétaire général adjoint : Luc Justamon. Secrétaire général adjoint : Serge Vernet. Trésorier : Olivier Nasles.



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