Tomate d’industrie : retour à la normale

Publié le 26 novembre 2019

Avec 154 240 tonnes livrées, les contrats ont été remplis cette année sur le territoire français.

Après une campagne 2018 très faible en rendements, cette année, les volumes sont au rendez-vous et les contrats remplis. De son côté, le bio gagne toujours du terrain.

La campagne 2019 n’a rien à voir avec la précédente. Les niveaux de rendements retrouvent leur niveau habituel cette année, même si le printemps a donné quelques sueurs froides aux producteurs.

Au niveau national, 154 240 tonnes auront été livrées aux usines de première transformation, pour un total contractualisé de 153 000 t.

Avec un volume de 101 500 t, le grand Sud-Est représente les deux tiers de la production nationale. En Paca, les deux départements les plus importants - les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse - totalisent, eux, 66 916 t, dont 5 590 en bio.

Mais, comme l’explique Robert Giovinazzo, ingénieur responsable technique de la Sonito (Interprofession nationale de la tomate destinée à la transformation), sur la première partie de campagne, une météo défavorable aurait pu gâcher la campagne.

Une maturité décalée

“Les tomates les plus précoces, de début avril, ont subi un stress lié au froid, au vent et au gel par endroit, ce qui a engendré des difficultés de planification pour le démarrage de la campagne.” Les premières tomates destinées à l’industrie ont commencé à être récoltées autour du 25 juillet cette année, soit une semaine plus tard que l’an passé. La maturité n’était malgré tout pas au rendez-vous. Certains industriels ont même dû, un temps, arrêter de réceptionner les productions entre le 5 et le 10 août, en raison de ces blocages sur les tomates les plus précoces. Ce qui a été planté ensuite, à partir du mois de mai, a pu démarrer tout à fait correctement, avec des conditions climatiques idéales.

En saison, les producteurs ont, en revanche, dû négocier deux épisodes de canicule, sur la fin juin et la mi-juillet. Les conséquences ont été cependant moins préjudiciables que sur vigne, par exemple. “Nous n’avons pas observé de perte de production. Mais les fortes températures ont généré un blocage de la végétation dans son ensemble. Avec les problèmes du printemps, cela a con­tribué à décaler un peu la maturation”, détaille Robert Giovinazzo.

Excepté des phénomènes physiologiques observés sur quelques fruits, les producteurs s’en sont bien tirés. La gestion des irrigations n’a pas été sim­ple, mais a permis de passer cette pério­de de sécheresse. Pour la suite, la campagne s’est poursuivie sans encombre.

Une qualité très satisfaisante

Les rendements ont été à la hauteur des espérances, autour de 74 tonnes à l’hectare en conventionnel au niveau national. Le bio a atteint 48 t/ha. Dans le Sud-Est, les rendements ont atteint en moyenne 75 t/ha en conventionnel, et 42 t/ha en bio. En Paca, le rendement est encore meilleur : 80 t/ha en conventionnel, et 49 t /ha en bio. “La qualité est aussi très satisfaisante cette année, avec un degré brix proche de 5, ce qui est très intéressant pour élaborer des produits de basse concentration, à savoir du concentré de base ou double concentré”, souligne Robert Giovinazzo.

Pour ce qui est de la France, après 140 000 t en 2018 et 154 000 t cette année, l’ambition de l'interprofession est de retrouver, comme les années précédentes, des volumes qui flirtent avec les 200 000 t.

Emmanuel Delarue


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