Un projet d’avenir pour l’arboriculture régionale

Publié le 07 juin 2022

Le nouveau directeur de la station, Jean-Michel Montagnon, aux côtés des conseillers techniques de La Pugère et de producteurs (© E. Delarue).

La station d’expérimentation La Pugère veut produire des références pour l’arboriculture fruitière régionale, dans le domaine de l’innovation au verger et sur la gestion des aléas climatiques.

Avec une équipe expérimentée bien en place et une organisation interne qui continue d’évoluer dans le bon sens, la station La Pugère est plus que jamais impliquée dans le développement de l’arboriculture régionale. Le niveau d’activités et de prestations développé autour du verger de pommiers et de poiriers progresse lui aussi, toujours en cohérence avec les besoins des producteurs. Mais, pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain, la station s’est tracée une nouvelle feuille de route, dans laquelle elle souhaite inscrire la plupart de ses actions. Et c’est autour de l’innovation dans la conduite du verger et sur la gestion des aléas climatiques qu’elle entend les articuler.

Ce sont les deux grands axes que le conseil d’administration – présidé par Marianne Di Costanzo1 – a validés. Mais à La Pugère, tout ne va pas changer du jour au lendemain, comme l’explique le nouveau directeur de la structure, Jean-Michel Montagnon. “C’est un projet d’avenir qui s’établit sur le long terme, qui demandera du financement, de la compétence et beaucoup de partenariats.” Première donnée qui va orienter une partie des nouvelles propositions de la station, les aléas climatiques. “Ils mettent à mal l’arboriculture méditerranéenne. Les coups de gels sont de plus en plus violents, récurrents. Des entreprises de production sont menacées dans leur entité par les gelées de printemps. D’un autre côté, la sécheresse de l’air en été, avec des périodes extrêmes durant lesquelles des blocages de croissances sur les plantes ont de plus en plus d’incidences, avec une incidence sur l’année, mais aussi sur la mise à fleur de l’année suivante”, détaille Jean-Michel Montagnon.

‘Haltogel’, un projet essentiel

Pour répondre à cet enjeu, la déclinaison stratégique doit notamment passer par ‘Haltogel’, le nouveau projet Feader déposé auprès du Conseil régional il y a quelques jours. Il porte sur plusieurs actions, à savoir “l’acquisition de connaissances sur la protection contre le gel et sur les dispositifs existants chez les producteurs. Deux bancs d’essai seront aussi mis en place, dans les Hautes-Alpes et à la Pugère, avec des stratégies innovantes. Le tout sera complété par un travail multiaxes, comme la ressource en eau et les retenues collinaires adaptées, l’aspersion sur frondaison, ou encore l’influence des bactéries et le retard de floraison, avec l’Inrae”, précise le directeur. Avec La Pugère comme chef de projet, ‘Haltogel’ impliquera un collège de partenaires autour de la Chambre régionale d’agriculture.

Le second axe du projet d’avenir de La Pugère cible les défis de l’innovation. Toute l’innovation dans l’agroéquipement, mais aussi sur les matériels autonomes et la haute technologie qui rentre dans les métiers de l’arboriculture. L’une des idées est de travailler sur l’évaluation objective de tous ces matériels, en prestations avec des entreprises. Pour transférer ces acquis, une journée dédiée à l’innovation sera organisée en janvier 2023.

Mais, pour proposer aux arboriculteurs une vitrine des nouveaux outils au verger à la hauteur – et pour être moteur sur la lutte dans la gestion des aléas climatiques –, la station se devait aussi de s’appuyer sur des équipements modernes. “En matière d’équipements, la station était aussi un peu vieillissante, et le gel de 2021 a également fait prendre conscience de la difficulté à protéger nos vergers, en raison d’un réseau vétuste, avec peu d’installations sur frondaison, etc. Ce constat nous a conduits à solliciter le Département des Bouches-du-Rhône pour un soutien sur plusieurs volets”, rapporte Sébastien Attias, responsable financier de La Pugère. Sur la partie gel, un dispositif de financement spécifique va permettre d’équiper partiellement la station de systèmes d’irrigation basse pression afin, d’une part, de remettre en état la totalité du réseau d’irrigation et, d’autre part, de faciliter l’achat de bougies, de chaufferettes…

Le déclenchement du projet ‘Haltogel’ s’inscrit dans la même logique. “Pour une station expérimentale arboricole à vocation régionale, la protection des récoltes et des essais était indispensable, pour piloter le dispositif d’aléas climatiques et être en capacité de tester des systèmes innovants”, poursuit Sébastien Attias.

Réparer, sécuriser et moderniser le réseau

Le programme global proposé au Département a permis d’obtenir des aides aux investissements pour répondre à ces enjeux. Ces soutiens vont permettre de réparer, sécuriser le réseau et de le moderniser, mais aussi d’assurer un volume de stockage des fruits en frigo plus important. D’autres équipements ont pu être achetés pour moderniser les outils de la station (tracteur, intercep, élévateur). L’année prochaine, La Pugère pourra encore compter sur le soutien financier du Département pour continuer de rénover le matériel (calibreuse, filets).

De son côté, la Métropole Aix-Marseille-Provence doit venir contribuer à dynamiser la station en matière d’image, de communication et de visibilité. Panneaux, logos, supports et signalétiques sont prévus, pour habiller notamment l’entrée de la station ainsi que dans les vergers.

À la fin de l’année prochaine, avec l’aide précieuse du Département, la station aura véritablement fait peau neuve”, se réjouit Sébastien Attias. 

Emmanuel Delarue

(1) Lire notre édition du 4 mars 2022, page 7.

 


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