Un projet de légumerie avec le MIN des Arnavaux

Publié le 26 juillet 2019

Jean Borreda, responsable ‘Projet et développement’ à la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône.

La Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône porte, avec le MIN des Arnavaux, un projet de légumerie implanté au cœur du marché de Marseille. Son objectif ? Répondre aux besoins des associations caritatives et lutter contre le gaspillage alimentaire.

Dans un département où le taux de précarité demeure l’un des plus élevés de France, la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône, créée en 1986, relève un immense défi chaque année. Celui de collecter et de redistribuer des denrées alimentaires au profit de 180 associations partenaires. Mais sur le département, “il manque encore 1?000 tonnes de produits alimentaires chaque année”, rapporte Jean Borreda, responsable ‘Projets et développement’ à la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône.

Pour répondre à ce besoin, l’association caritative, qui est au cœur de la chaîne de solidarité, et le MIN des Arnavaux conduisent un projet d’envergure. Les deux partenaires veulent implanter, au cœur du marché de Marseille, un atelier de transformation de fruits et légumes.

“Les fruits et légumes sont une richesse agricole et alimentaire sur le département. Mais ces produits frais font l’objet de pertes importantes, du fait de leur caractère périssable. Dans le même temps, l’alimentation solidaire est toujours en recherche de produits pour renforcer ses approvisionnements. Cet atelier permettra de leur donner une durée de vie supplémentaire, tout en augmentant l’aide aux plus démunis”, explique Jean Borreda.

Lutter contre le gaspillage

Ce projet de légumerie s’appuie d’abord sur une réalité territoriale et un gisement agricole naturel de premier plan. Il vise aussi, au niveau sanitaire, à renforcer la présence des fruits et légumes dans l’alimentation des bénéficiaires des banques alimentaires. Dans la réflexion avec le MIN, la réduction des déchets est l’autre aspect majeur de l’initiative. Et l’enjeu est de taille : au niveau du seul MIN, pas moins de 8?000 tonnes de déchets sont générées chaque année. A titre indicatif, le gaspillage alimentaire représente au plan national 18 milliards d’euros.

Cet atelier dédié à la transformation de produits frais est activement soutenu par les politiques locales et les collectivités, qui souhaitent privilégier les circuits courts et la proximité. Pour sa réalisation, la Banque Alimentaire pourra compter sur le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, qui financera le projet en totalité. Le budget de 774?000 € prévoit notamment l’aménagement d’un bâtiment et l’achat de matériel industriel.

L’atelier doit intégrer une filière froide (lavage, épluchage, découpe, conditionnement), une filière chaude (traitement thermique : thermisation ou stérilisation) et une troisième pour les surgelés. Il devra permettre de traiter tout type de fruits ou légumes, et sa polyvalence est donc une des clés de sa réussite. L’objectif est de pouvoir traiter entre 800 et 1?000?tonnes par an, selon la saisonnalité des produits.

Un outil au service de l’agriculture

L‘autre aspect important du projet est la volonté des partenaires porteurs du projet de “créer un outil au service de l’agriculture”. Aujourd’hui la banque alimentaire collecte 3?200?tonnes de produits, mais “la filière agricole ne constitue seulement que 15?% de ces approvisionnements, ce qui est très faible”, concède Jean Borreda.

La banque alimentaire n’avait, jusqu’à présent, quasiment aucun partenariat avec le monde agricole, et la mission du responsable de ce projet de légumerie est justement de les faire émerger. “Avec ce projet gagnant/gagnant, il y a une vraie volonté commune de développer un service intégré dans le MIN. Ce service permettra, d’une part, de répondre à la problématique du gaspillage, de traiter les déchets, les invendus, etc. ; et d’autre part, de développer de vrais liens avec le monde agricole pour que l’atelier fonctionne.”

La création de ce nouvel outil de transformation va de toute manière engendrer d’importants changements pour la Banque Alimentaire.

Emmanuel Delarue


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