Vendanges : c’est parti !

Publié le 01 septembre 2020

Marie-Laure Merlin, confiante pour le millésime 2020 et la belle récolte qui a commencé.

La Provence n’a pas reçu de pluies depuis plusieurs mois, mais la vigne avait fait ses réserves au printemps. Elle a largement bénéficié du climat sec, venteux, chaud et sans excès de l’été. Dans les secteurs les plus précoces du département, sur le pourtour de l’étang de Berre, la récolte a bien débuté. L’état sanitaire des baies est de très belle qualité, ponctué ici et là d’une diversité de maturation due à la sécheresse. Les vigneronnes et vignerons s’accordent à penser que les vendanges laissent espérer un millésime et des rosés de très bonne qualité.

Domaine de suriane : 2020 devrait être une bonne année

Du côté de Saint-Chamas, une très jolie récolte de muscat a marqué le coup d’envoi des vendanges pour Marie-Laure Merlin, qui va s’atteler à la tâche encore une quinzaine de jours.

Sur le Domaine de Suriane, les vendanges ont démarré le 19 août. “Nous avons commencé quelques jours plus tôt que d’habitude, plus pour une question d’organisation que d’avance réelle de précocité. On pense avoir une belle récolte, et les vendanges devraient s’étirer un peu plus dans le temps“, explique Marie-Laure Merlin. La vinification à basse température est aujourd’hui l’un des gros enjeux sur les rosés et les blancs. Aussi, “pour lisser nos besoins en froid, on s’efforce d’étaler au maximum les vendanges. Mais c’est la maturité des baies qui guidera la récolte, cépage par cépage“.

Les critères techniques des raisins affichaient des résultats pleinement satisfaisants, sur les taux de sucre comme les arômes. La viticultrice est satisfaite des premiers raisins ramassés. “Ils sont de bonne qualité et 2020 devrait être une bonne année.“ Les premières grappes rentrées à la cave serviront à l’élaboration des blancs et des rosés, notamment le précoce muscat petits grains, dont les jus produiront la cuvée ‘Grains de merveilles’. “C’est un blanc très légèrement moelleux, un produit de niche sur la cave. Mais ce raisin sert aussi à produire un rosé fruité.“ La maturité des autres cépages est là, mais c’est encore un peu hétérogène. Viendront rapidement les grenaches pour poursuivre le cœur de production des rosés du domaine. Les dernières parcelles vendangées pour vinifier les rouges seront récoltées autour de la mi-septembre.

Coup d’envoi pour ‘Les filles de l’Étang’

Jusqu’à présent, c’est un prestataire de machine à vendanger qui venait effectuer le chantier de récolte sur le Domaine de Suriane. Mais l’acquisition d’une machine à vendanger par le biais d’une Cuma très féminine, tout juste créée et baptisée ‘Les Filles de l’Étang’, est la grande nouveauté de l’année pour Marie-Laure. La viticultrice est “confiante pour la suite de la récolte, que ce soit sur les fermentations qui vont se mettre en place, comme sur le millésime d’une manière générale. La météo nous est, pour l’instant, très favorable, et on n’observe pas d’effet particulier, si ce n’est quelques tensions en raison de la sécheresse sur certaines parcelles en colline, susceptibles d’entraîner des blocages de maturité. Pour le reste, l’année a été plutôt tranquille sur le domaine au plan sanitaire“, souligne-t-elle.

Son vignoble s’étend sur 40 hectares environ, et la production est orientée sur le rosé (60 % des volumes) en appellation Coteaux d’Aix en Provence et en IGP. Le Domaine de Suriane produit en moyenne 2 500 hectolitres de vins par an et commercialise 150 000 bouteilles, dont une bonne partie au caveau. Le débouché représente, selon les années, entre 25 % et 30 % des revenus de la cave. Et cette année, “en dépit de la fermeture de certains circuits de vente sur plusieurs semaines en raison du Covid, nous avons, comme ailleurs, constaté une hausse de fréquentation et des ventes“. La saison touristique – qui s’est aussi révélée assez belle aux dires de l’exploitante – a prolongé cet élan sur la vente en direct. 

 

Les Vignerons du Castellas : qualité et volumes au rendez-vous

À La Fare-les-Oliviers, les vendanges ont démarré le 21 août pour la cave des Vignerons du Castellas. Satisfait de la qualité des premiers raisins rentrés, et serein pour la suite, le président, Thierry Icard, s’attend à une belle campagne.

À La Fare-les-Oliviers, tout a débuté avec quelques jours d’avance pour les Vignerons du Castellas. Les résultats des prélèvements sur la sucrosité et l’acidité ont permis de déclencher les vendanges vendredi 21 août, avec quelques jours d’avance. Habituellement, les premières bennes rentrent en cave plutôt autour du 27 ou 28 août. “Mais on observe cette année une maturité plus précoce d’une semaine environ sur tous les cépages“, constate Thierry Icard, le président. “Il faut dire qu’il a beaucoup plu cet hiver, et qu’il a fait ensuite chaud sans arrêt depuis le mois de juin. Les raisins ont bien mûri, sans à-coups, et ont bénéficié de bonnes réserves d’eau, ce qui a aidé la vigne à exprimer au mieux son potentiel, un peu en avance.“

Pour ce millésime 2020, les indicateurs sont donc bons et les inquiétudes, dues à la pression mildiou, balayées. “La pression était pourtant assez forte au printemps dernier, avec une humidité importante jusqu’au 15 juin. Mais nous sommes parvenus à bien la maîtriser“, explique le vigneron.

Avec une maturité alcoolique de 13°, les merlots et les grenaches ont commencé à être ramassés cette semaine, pour produire les rosés. Les premières bennes rentrées en cave serviront à vinifier les vins en AOC Coteaux d’Aix. Les IGP viendront ensuite. Ainsi, le bal des remorques va se poursuivre durant quatre bonnes semaines, sur un rythme parfaitement maîtrisé, en cave comme dans les vignes. La coopérative a l’avantage de disposer de quatre machines à vendanger, ce qui permet au président d’être plutôt serein. “Nous avons la capacité de rentrer quotidiennement 180 tonnes de raisins. Mais on se satisfait d’une moyenne de 120 à 140 tonnes par jour“, indique Thierry Icard. Chez les Vignerons du Castellas “qui travaillent comme une cave particulière, les vendanges s’effectueront tranquillement, parcelle par parcelle, quand les raisins auront atteint la maturité désirée“, ajoute le président.

De meilleurs rendements

Le vignoble compte quelque 240 hectares et une dizaine d’hectares devraient aussi rentrer en production cette année. Le vignoble a, par ailleurs, été sérieusement restructuré ces dernières années, pour développer les volumes et réduire ainsi les coûts de transformation. Les vignes de la coopérative ont connu une belle évolution, puisque les plus vieilles et moins performantes ont été progressivement remplacées. Ainsi, les rendements devraient repartir à la hausse à partir de cette campagne, notamment sur des cépages merlot ou caladoc, très récemment replantés. “Si cela reste difficile de produire avec des rendements de 120 hectolitres par hectare sur les IGP, nous devrions cependant atteindre les 100 à 110 hectolitres à l’hectare pour ce millésime.“

La coopérative produit généralement entre 15 000 et 17 000 hl de vin par an et, cette année, “on devrait être plus près des 17 000 que des 15 000 hectolitres, puisqu’il semble y avoir un peu plus de raisin que l’an dernier“. Le rosé représente 80 % de la production de la cave, mais les autres couleurs ont aussi leur importance. D’ailleurs, au vu des demandes reconduites depuis deux ans, les Vignerons du Castellas devraient produire un peu plus de blanc cette saison. Les rouges, eux, sont uniquement dédiés à la vente directe sur le caveau de La Fare-les-Oliviers. 

Emmanuel Delarue



Thierry Icard, son père et son fils ont le sourire : la récolte est prometteuse et les conditions d’un millésime de qualité sont réunies.

Vendanges cave coopérative vigne