Vignerons coopérateurs des Bouches-du-Rhône : les vignerons attendent un soutien à la hauteur

Publié le 28 juillet 2020

En raison de la pandémie, les Vignerons coopérateurs ont décidé de tenir leur assemblée générale en ‘vigne close’ au Château de Libran, à Lambesc le 9 juillet. Appréciée des vignerons coopérateurs, la formule qui lie à la fois huis clos et réunion da

Les coopératives viticoles ont montré leur capacité à résister. Mais elles attendent aujourd’hui un soutien d’ampleur qu’elles estiment légitime, pour faire face aux répercussions redoutées de la crise sur les structures.

leur modèle d’organisation leur a permis d’encaisser le choc. Mais la perte d’importants débouchés durant les deux mois de confinement aura tout de même des conséquences. Après enquête (dix caves participantes), les caves coopératives du département font état d’une baisse, sur la période, d’environ 35 % du chiffre d’affaires, essentiellement en CHR, négoces, export et caveaux (malgré les drives). Une hausse de 23 % des ventes en GMS a légèrement pu compenser cette baisse. Aujourd’hui, l’activité a bien repris même si, à l’export, les marchés n’ont pas tous retrouvé leur niveau d’avant la crise. En revanche, les caves du département n’ont pas d’inquiétude particulière sur l’état des stocks. D’ailleurs, elles ont très peu fait appel à la mesure de distillation proposée à la filière viticole : moins de 3 000 hectolitres ont été souscrits dans le département.

Dans cette année exceptionnelle, d’autres mesures, un temps envisagées, n’ont finalement pas été mises en place : ainsi, l’assemblage d’un millésime en 70 %/30 % par exemple (contre aujourd’hui 85 %/15 %) aurait contraint les vignerons à afficher sur leurs étiquettes le pourcentage d’assemblages, peu bénéfique pour l’image des produits vis-à-vis des consommateurs.

En revanche, “nous avons toujours la possibilité de ne pas afficher le millésime. Le sans-millésime est peut-être une opportunité pour inventer un marché des vins de Provence intermédiaire, et non millésimé. Sous réserve que ce ne soit ni un prétexte à baisser les prix de la part du négoce et de la GD, ni un exutoire de vins médiocres !“, précise Jean-Luc Jauffret président des Vignerons coopérateurs des Bouches-du-Rhône. Reste à savoir aussi quel serait l’impact commercial dans la distribution, et de quelle manière la solution serait appréciée des consommateurs.

 

Des exonérations sans condition

Même si quelques caves ont baissé les acomptes aux coopérateurs de façon symbolique, la plupart puiseront dans leurs réserves pour éteindre l’incendie. Ce qui inquiète les Vignerons coopérateurs, ce sont d’abord les répercussions de la crise sur les structures à venir l’année prochaine. Aussi, les caves coopératives comptent bien pouvoir bénéficier d’une exonération de 50 % de charges patronales pour les quatre mois de confinement, sans condition de baisse de chiffres d’affaires. Cette exonération de charges ne compensera pas le manque à gagner de la taxe Trump, mais le gouvernement pourrait avoir une oreille attentive à la demande de la filière vitivinicole. C’est ce que souhaite la Fédération des caves du département. “En effet, quand l’État français offre plusieurs milliards d’euros pour sauver Airbus, la viticulture française est en droit d’attendre bien plus que 200 millions d’euros d’aide. Elle qui génère un chiffre de recettes à l’export supérieur à celui de l’aéronautique ! Nous, les victimes collatérales d’une taxation commerciale injuste, pourquoi ne bénéficierions-nous pas d’une véritable aide ? Il me semble que cette exonération de 50 % des charges patronales n’est pas un cadeau de l’État : c’est simplement ce à quoi nous avons droit “, commente Jean-Luc Jauffret.

Un plan pour les vins du département

D’un autre côté, la Fédération des vignerons coopérateurs a fait état à ses partenaires institutionnels des difficultés économiques qui risqueraient d’impacter les structures coopératives dans les mois à venir. La fédération a, par exemple, fait remonter au Conseil départemental des Bouches-du-Rhône une proposition de soutien, qui pourrait s’articuler autour d’un plan de relance des vins du département, AOC et IGP. Le plan de communication envisagé au profit de l’ensemble des vignerons du département aurait au moins deux cibles, à savoir les GMS et les restaurateurs du département. Ces derniers pourraient, eux aussi, être invités à jouer le jeu de la localité, en mettant en avant les vins du département dans leur carte.

Enfin, cette année aurait dû voir aussi se concrétiser le rapprochement avec la fédération des coopératives agricoles, la Coopération agricole Sud. Ralenti par le Covid-19 et d’autres urgences à gérer, le dossier porte également certaines exigences légitimes de la Fédération des vignerons coopérateurs. La future section viticole appelée à être totalement intégrée à la Coopération agricole Sud se veut aussi autonome. Dans les projets de rapprochement entre structures affichant plusieurs décennies, instituer une nouvelle organisation et une nouvelle gouvernance demandent généralement du temps de la réflexion. Mais le chantier devrait probablement être bouclé en 2021. 

Emmanuel Delarue

 


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