Xylella fastidiosa identifiée en Paca

Publié le 17 septembre 2019

Les deux arbres infestés par Xylella fastidiosa, retrouvés à Menton et Antibes, seront “arrachés et détruits dans les tout prochains jours”, annonce le ministère de l’Agriculture.

L’information est tombée vendredi dernier, en fin de journée : deux premiers cas d’oliviers contaminés par Xylella fastidiosa ont été confirmés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a indiqué le ministère de l’Agriculture dans un communiqué, le 6 septembre.

La présence de la bactérie Xylella fastidiosa a été confirmée sur deux oliviers d’ornement “à Antibes et à Menton”, annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué diffusé le 6 septembre. Ce dernier précise que les arbres seront “arrachés et détruits dans les tout prochains jours”. L’interprofession France Olive (ex. Afidol, ndlr) tient à rassurer par la voix de son président, Laurent Belorgey, qui rappelle que ces deux cas “ne sont pas deux nouveaux cas. Ce sont deux cas connus depuis 2015”, et qui ont “été suivis avec des analyses régulières”, dont les plus récentes se sont révélées positives, après plusieurs résultats négatifs. “Pour l'instant, nous sommes toujours sur les mêmes oliviers et il n'y a pas d'extension de la bactérie”, ajoute-t-il, précisant qu'il n'y a pas “d'inquiétude supplémentaire” pour l'interprofession à ce stade.

“Il n’y a pas eu de propagation de la maladie”

“Il s’agit bien d’une confirmation et pas de nouveaux cas. Depuis la détection en 2015, des analyses sont réalisées et étaient jusqu’ici revenues négatives”, complète Yves Guillaumin, directeur de France Olive. Si la plus grande vigilance est de mise, l’association française interprofessionnelle de l’olive se refuse à tout catastrophisme. “Le principe de précaution s’applique avec la destruction des arbres contaminés, ainsi que des végétaux sensibles à proximité. On maintient également la surveillance qui est renforcée dans un périmètre de 5 km. Depuis quatre ans, nous travaillons en étroite collaboration avec les services de l’État : dès que l’on voit un arbre qui dépérit, on fait des analyses via la Fredon. Notre conseil est évidemment de continuer à faire remonter tous les cas douteux aux techniciens de secteur. Il faut continuer à être vigilant, mais on ne peut, aujourd’hui, pas parler d’épidémie. Il n’y a pas eu de propagation de la maladie”, souligne-t-il. Pour l’interprofession, il est important de ne pas paniquer les producteurs, mais aussi de rassurer les consommateurs. “Même si un arbre est attaqué et que cela impacte sa productivité, cela n’altère ni l’alimentarité, ni la qualité des olives et des huiles”, précise ainsi Yves Guillaumin.

L’interprofession est aussi mobilisée sur le volet recherche et soutient les programmes européens POnTE et XF-Actors, dédiés à Xylella fastidiosa. “On travaille également au recensement des 16 principales variétés françaises d’oliviers, en collaboration avec un centre de recherche de Bari, dans le but d’implanter ces variétés dans la zone contaminée des Pouilles. L’objectif est de voir si certaines sont plus sensibles ou plus résistantes”, indique Yves Guillaumin. France Olive, en lien avec l’interprofession corse, participe aussi à la section oléiculture ouverte au sein du FMSE, dispositif national agricole d’indemnisation de pertes dues à des incidents sanitaires et environnementaux.

Pour le directeur de France Olive, l’information des professionnels et des particuliers reste enfin primordiale, pour éviter de ramener la bactérie à l’occasion de voyages et transports de plants.

Surveillance renforcée

Pour rappel, les villes d'Antibes et de Menton se situaient déjà en zone délimitée vis-à-vis de Xylella fastidiosa depuis l’automne 2015, pour la sous-espèce pauca, à Menton, et la sous-espèce multiplex à Antibes. C’est d’ailleurs la sous-espèce pauca qui a été identifiée sur l’olivier de Menton.

La présence de la bactérie Xylella fastidiosa a été détectée pour la première fois en France, en octobre 2015, sur des plants de polygale à feuilles de myrte, en Corse du Sud, et dans la région Provence-Alpes Côte d'Azur. Et depuis 2015, 5?100 échantillons d'oliviers ont été analysés en Paca, mais aucun ne s’était révélé contaminé. Les deux arbres se situent “déjà en zone délimitée vis-à-vis de Xylella fastidiosa”, depuis lesquelles le transport de plan-tes vers des zones indemnes est interdit, note le ministère.

Pour rappel, la bactérie Xylella fastidiosa, dont la première détection en France remonte à 2015, est aujourd’hui présente en Corse, “ainsi que dans 19 communes des départements du Var et des Alpes-Maritimes”. Elle est véhiculée par des insectes et “mortelle pour plus de 200 espèces végétales” sans qu’il existe de “traitement curatif”, rappelle le ministère.

Gabrielle Lantes & Agra


Bactérie France Olive